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Prendre en charge les comportements-problèmes : les RBPP de la HAS
RBPP HAS Comportements-problèmes de 2016
Bien accompagner les personnes avec des comportements dysfonctionnels peut être complexe. En tant que professionnel, vous vous demandez peut-être comment aider au mieux ces individus dans le calme et le respect ? Plusieurs outils peuvent vous y aider, tels que recommandé par la HAS.
À lireLa HAS a publié en 2016 la recommandation « Les « comportements-problèmes » au sein des établissements et services accueillant des enfants et adultes handicapés : Prévention et réponses » (lien officiel HAS), structurée en deux volets pour aider les ESSMS à mieux accompagner ces situations complexes.
Provocation, hostilité, opposition et agressivité : tous ces comportements défis génèrent souffrance et désorientation. Comment limiter ces comportements dysfonctionnels ? Comment les prendre en charge au sein des établissements et services sociaux et médico-sociaux, ou ESSMS ?
En tant que chef de service, directeur adjoint ou, tout simplement, professionnel du domaine, vous vous posez peut-être ces questions. À force d’être confronté à ces situations complexes, vous perdez peut-être confiance en votre stratégie thérapeutique. Pourtant, il existe des solutions pour vous aider à surmonter ces obstacles. La Haute Autorité de Santé, ou HAS, les présente elle-même dans ses recommandations de 2016.
Prévention des comportements destructeurs et interventions auprès des enfants et adultes avec des troubles de la conduite : la communication alternative et augmentée s’intègre dans toutes ces étapes. Ses outils et stratégies permettent d’accéder aux besoins de communication des personnes avec des comportements destructeurs. Ce qui, à terme, limite la colère et la frustration… et donc les comportements perturbateurs.
Mais comment, plus précisément, la CAA peut-elle aider ? Quelles sont les RBPP pour les comportements-problèmes ? Voici une synthèse des guides fournis par la HAS.
Qu’est-ce qu’un comportement-problème ? Rappel et définition
Troubles du comportement, comportements agressifs, destructeurs ou encore trouble de la conduite : tous ces termes sont régulièrement utilisés dans la littérature scientifique. Car, non, le terme « comportement-problème » n’est pas clairement défini.
Pourtant, savoir le reconnaître est un point essentiel pour adapter au mieux les soins, notamment au sein des ESSMS.
Dans ce contexte, comment l’identifier ? S’inquiéter devient nécessaire face aux manifestations suivantes :
- automutilation et agressivité envers les autres ;
- troubles alimentaires ;
- destruction d’objets ;
- comportements inadaptés en milieu social.
Ainsi, si l’attitude de l’enfant ou de l’adulte menace son intégrité et celle de son entourage, agir en conséquence devient crucial.
Comment ? En cherchant quelle est la cause de ces comportements destructeurs (somatique, relationnelle, etc.).
Note : ces comportements-problèmes ne concernent pas uniquement les personnes sur le spectre de l’autisme et/ou avec un trouble du développement intellectuel. De plus, tous les comportements qui « sortent de l’ordinaire » ne sont pas « problématiques » (c’est le cas de certaines stéréotypies pour les personnes autistes)
Pourquoi intégrer la CAA pour accompagner les personnes avec des comportements-problèmes ?
Le manque de moyens de communication représente un frein considérable pour combler ses besoins (selon la HAS 2016, page 28 et 29 de son document « Volet 1 : Organisation à privilégier et stratégies de prévention »). Nous en avons tiré les passages les plus importants dans ce document (pages 14-15 – Recommandation HAS 2016).
Malheureusement, de nombreuses personnes ne peuvent passer par le langage, par les expressions faciales ou par l’écrit pour communiquer. Ceci limite considérablement les échanges avec l’entourage et peut avoir de nombreuses conséquences dommageables :
- difficultés à mettre des mots sur ses ressentis ou douleurs somatiques ;
- besoins non respectés ;
- mauvaise prise en charge du fait d’une incompréhension par l’entourage et les équipes de soin ;
- etc.
À terme, tout ceci peut provoquer les comportements mentionnés ci-avant (automutilation, agressivité envers les proches, etc.).
Mais les enjeux ne concernent pas uniquement vos usagers et leurs familles : ils impliquent également vos équipes d’ESSMS.
En effet, face à la violence provoquée par les réactions de votre usager, comment intervenir avec bienveillance et respect ? Réagir de manière adaptée n’est pas toujours évident.
En améliorant les soins et les capacités de communication de vos usagers, l’anxiété de vos équipes s’en retrouve grandement améliorée… ainsi que les pratiques au sein de votre ESSMS. C’est ce que nous indiquons dans notre article d’introduction aux RBPP.

Quelles stratégies pour prévenir les comportements-problèmes ?
1. Identifier les facteurs de risque et définir le projet d’accompagnement
Les RBPP pour les comportements-problèmes ont pour objectif d’aider votre ESSMS d’analyser son champ d’action avant même le diagnostic de vos usagers. Ceci vous permettra de proposer un suivi thérapeutique spécifique à chaque personne.
Il s’agit de :
- identifier et prendre en compte les facteurs de risque de la personne (en connaissant ses habiletés, notamment d’expression et de compréhension, son environnement, son handicap et son fonctionnement, etc.) ;
- définir un projet d’accompagnement, dans votre établissement ou service, spécifiquement dédié à la personne (en faisant également intervenir l’entourage, en formant les professionnels et en s’assurant de l’accès aux soins).
2. Proposer des outils de communication expressive et réceptive spécifiques
Nous l’avons vu : les comportements agressifs peuvent avoir pour origine une mauvaise communication. Ainsi, en relevant leurs défis communicationnels, vous pourrez prévenir ces problématiques
Et ce, en intégrant la CAA dès l’admission.
La possibilité d’améliorer ses interactions sociales et de se faire comprendre :
- augmenteront l’empowerment et l’autonomie de la personne ;
- diminueront sa colère et sa frustration ;
- éviteront, in fine, les risques de développer des troubles graves du comportement.
Mais il ne suffit pas de choisir au hasard des pictogrammes, des dessins ou des moyens de communication high-tech ! Il faut avant tout connaître les spécificités et capacités d’apprentissage de chacun et chacune pour choisir les meilleurs dispositifs de communication.
La HAS 2016, à la page 28-29 de son document, précise ainsi l’importance de :
« proposant des outils de communication (expressive et réceptive) et des technologies d’assistance adaptées dans des usages et des lieux différents »
Aussi, posez-vous les questions suivantes :
- Quelles sont les compétences communicationnelles et les compétences langagières de la personne ?
- Quelles sont ses difficultés sociales, les difficultés communicationnelles et d’expression orale ?
Quelles bonnes pratiques pour intervenir face à des comportements-problèmes ?
Plusieurs situations peuvent se présenter :
- certains de vos usagers peuvent avoir développé des comportements problématiques avant l’admission dans votre établissement ;
- malgré les stratégies mises en place par vos équipes, ces mêmes comportements voient le jour ;
- ces derniers peuvent s’aggraver avec le temps, rendant le suivi thérapeutique de plus en plus périlleux.
Face à ces contextes, la HAS 2016 recommande de :
- repérer les comportements-problèmes dès l’admission en établissement (ainsi que les situations dans lesquelles ils apparaissent, les causes et conséquences, etc.) ;
- établir un projet d’intervention ;
- définir un plan pour gérer les situations de crise ;
- réévaluer régulièrement les besoins d’accompagnement et la nécessité de faire évoluer l’accompagnement thérapeutique.
Par ailleurs, la HAS précise dans le volet 2 « Stratégies d’intervention » (page 87) :
« Récemment, les méthodes alternatives de communication (« AAC : augmentative and alternative communication » ou CAA « communication alternative et augmentative » en français) ont fait la preuve de leur supériorité en termes de bénéfices sur les « comportements-problèmes ». »
Intégrer la CAA dans son projet d’accompagnement se révèle ainsi crucial. La CAA s’appuie sur deux méthodologies : sans aide externe (par exemple : le langage des signes et des gestes) et avec aide externe.
Mais, avant de proposer tout outil, évaluer le niveau de compréhension et d’expression de la personne est essentiel. Ce n’est qu’ensuite que la formation, puis le déploiement des moyens communicationnels (images, parole, écriture, etc.) seront possibles.

Se former à la CAA selon les bonnes pratiques de la HAS
Est-il possible de donner directement un outil de CAA aux usagers pour améliorer la situation ?
Non, bien sûr que non. Sensibiliser et former à ces outils alternatifs doivent être prioritaires.
C’est pourquoi la HAS 2016 propose d’intégrer directement un plan de formation dans la stratégie des ESSMS. Elle inscrit à la page 51 qu’il s’agit d’inscrire dans le plan de formation des professionnels les thématiques prioritaires (collectives et individuelles) préalablement identifiées concernant la prévention et la gestion des « comportements-problèmes ». Il s’agit notamment de :
« outils de communication, stratégies pour améliorer la communication et les compétences d’interaction (savoir-être) »
Le but est de préparer les pros et personnes en situation de handicap à l’utilisation des outils choisis. Pour vous accompagner dans cette démarche, nous avons compilé les principales recommandations de la HAS liées à la CAA dans ce document PDF, un outil pratique pour vos équipes.
La formation des équipes aux outils de CAA facilite l’application concrète de ces recommandations. Un accompagnement adapté permet de développer un projet de soins conforme aux RBPP de la HAS.
Vous souhaitez en discuter ? Écrivez-nous via notre formulaire de contact !
RBPP pour les comportements-problèmes : synthèse
- Le manque de moyens pour communiquer peut provoquer des troubles envahissants du comportement (agressivité, troubles du sommeil, automutilation, etc.).
- Intégrer la CAA dans votre projet thérapeutique permet :
- d’améliorer les capacités de communication et l’autodétermination de vos usagers ;
- de minimiser leurs troubles du comportement ;
- de diminuer l’anxiété de vos équipes et d’améliorer leurs pratiques.
- Pour prévenir les comportements-problèmes, la mise en place de la CAA peut se faire bien avant leur apparition.
- Les moyens et stratégies de communication doivent être individualisés.
- Un plan de formation pour intégrer la CAA dans votre établissement doit être intégré dans votre projet.

