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Handicap et vie intime en ESSMS : 7 recommandations
RBPP HAS VIAS en ESSMS de 2025
Connaissez-vous les recommandations de la HAS en matière de vie intime, affective et sexuelle ? Loin d'être insignifiante, la VIAS contribue au bien-être de tous les êtres humains, y compris les personnes en situation de handicap. Découvrez comment faire vivre la VIAS au sein de votre établissement.
À lireLa HAS a publié en février 2025 la recommandation « Accompagner la vie intime, affective et sexuelle des personnes en ESSMS » (lien officiel HAS), qui affirme que la vie intime, affective et sexuelle, ou VIAS, participe au respect de la dignité humaine. Cette recommandation nous invite à nous questionner quant au bien-être des personnes en situation de handicap.
Car ces aspects, essentiels pour une vie épanouie, sont bien trop souvent négligés. Les conséquences peuvent alors être terribles : maltraitances, harcèlements, violences sexistes et sexuelles, infections sexuellement transmissibles, et bien d’autres encore.
Au sein des Établissements ou service social ou médico-social (ESSMS), s’assurer que chaque usager soit en sécurité et ait son propre espace de vie intime est crucial. C’est, d’abord, éviter l’isolement, mais aussi rencontrer de nouvelles personnes, nouer des relations amoureuses saines, lever des tabous quant à la sexualité, etc.
Et, pour atteindre ces objectifs, pouvoir communiquer est essentiel.
Chez Ideereka, comme la HAS, nous insistons sur l’importance de développer ses capacités communicationnelles. Car de nombreux usagers d’ESSMS présentent de fortes difficultés sociales. Heureusement, pour les aider, plusieurs solutions existent, comme la communication alternative et augmentée, ou CAA.
Mais la HAS nous offre bien d’autres recommandations pour bien accompagner la vie intime dans le handicap. Lesquelles ? En voici 7.
1. S’engager en tant qu’ESSMS et s’impliquer dans la VIAS
Vie intime, Affective et Sexuelle : tels sont les mots qui définissent l’acronyme « VIAS ».
Dans son document « Accompagner la vie intime, affective et sexuelle des personnes en ESSMS », la HAS nous apporte quelques définitions…
- L’intimité correspond à la possibilité de choisir et de partager des moments avec les personnes de son choix, ainsi que la possibilité de s’isoler avec elles.
- La vie amoureuse et affective prend en compte les sentiments et émotions de chaque individu, avec ou sans activité sexuelle.
- La sexualité n’implique pas seulement la santé sexuelle. Elle concerne aussi les relations sexuelles, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, ainsi que le désir ou non d’avoir des enfants.
Loin d’être anodine, cette VIAS doit être sérieusement prise en compte dans les ESSMS.
Pourquoi ? Pour améliorer la qualité de vie de vos usagers et respecter les droits fondamentaux des personnes.
Comment ? En utilisant une stratégie et des outils formellement définis au sein de votre structure.
Cela comprend :
- un livret d’accueil ;
- l’implication de tous les professionnels paramédicaux dans l’accompagnement ;
- un projet personnalisé ;
- la désignation d’un référent VIAS ;
- la coordination entre tous les professionnels de soin ;
- des outils de communication alternative et augmentée, tels que des dessins, pictos, langage alternatif et tout autre outils low tech ou high tech.
2. Vie intime et handicap : respecter la vie privée de chaque personne
Au sein des ESSMS, les relations entre les professionnels et les usagers sont bien souvent déséquilibrées. Les personnes en situation de handicap sont très dépendantes des équipes de soin, pour leur santé somatique comme psychologique.
Du fait de cette dépendance, en tant que professionnels, nous pourrions être tentés de surveiller chacun des faits et gestes de nos patients…
Or, la HAS nous rappelle que notre rôle d’accompagnement ne doit pas entraver la vie privée des personnes en situation de handicap. Celle-ci peut impliquer des instants avec des amis, des relations intimes ou l’intégration d’un certain groupe social.
C’est pourquoi la charte VIAS doit intégrer la notion de respect de vos équipes à l’égard des usagers… ainsi que la bienveillance. La confidentialité, elle aussi, entre en jeu.
3. Élaborer un projet personnalisé pour la vie intime, affective et sexuelle
Lors de l’élaboration du projet personnalisé, plusieurs points doivent être pris en compte :
- les attentes des usagers en termes de VIAS ;
- leur rythme (certaines personnes auront besoin de plus de temps pour apprendre à construire une relation) ;
- leurs particularités (hypersensibilité, abstinence sexuelle, fortes douleurs lors des menstruations, etc.) ;
- leurs limites (comme le souhait de ne pas être touché) ;
- l’évolution de leurs choix dans le temps (par exemple dans le désir ou non de la parentalité) ;
- un travail en équipe pluridisciplinaire ;
- l’implication de tous les professionnels et de l’entourage ;
- la sécurité de chacun et chacune pour éviter, par exemple, des violences sexistes et sexuelles.
Bien sûr, pour créer des relations sociales, la HAS rappelle que chaque personne (page 15) :
« [a] le droit de bénéficier de moyens de communication alternative et améliorée pour une pleine participation »
C’est pourquoi nous vous recommandons de définir un projet lié à la communication, en parallèle du projet personnalisé VIAS.

4. Favoriser la vie sociale et la vie affective en institution
Imaginons : l’un de vos usagers vient d’entrer dans votre établissement. Cependant, il a un petit ami à l’extérieur. Comment, alors, maintenir cette relation ?
Dans cette situation (et bien d’autres encore),vous pouvez mettre en place :
- des activités sportives et culturelles, du bénévolat ;
- le partage de repas ;
- l’organisation de fêtes ;
- l’accès à des moyens de communication alternatifs, comme ceux de la CAA ;
- etc.
Dans tous les cas, veillez à ce que vos équipes soutiennent et favorisent les souhaits de vos usagers.
Note : Précisons que la HAS recommande de privilégier les relations extérieures.

5. Définir et mettre en place des outils de CAA
Bien sûr, une VIAS ne peut se construire sans l’accès à une communication efficace.
Dans le cas, par exemple, des troubles du neurodéveloppement (TDAH ou autisme) ou de handicap sensoriel, exprimer ses besoins est souvent difficile.
Or, comment créer un tissu social et se faire de nouveaux partenaires avec de telles difficultés communicationnelles ?
Comment favoriser la socialisation pour toutes les personnes qui ont des troubles de la communication (troubles moteurs, cognitifs…) ?
La HAS fournit une réponse claire sur la page 13 de son document :
« Cette RBPP veut que l’ensemble de ces supports soit adapté au public, en mobilisant des modalités telles que : la communication alternative et augmentée (CAA) non assistée (langue des signes française (LSF), expressions faciales, postures corporelles, etc.) […] »
La CAA est un outil puissant pour construire et maintenir des interactions sociales. Comprendre et se faire comprendre : tel est son objectif.
Pour cela, elle s’appuie sur de nombreux moyens de communication :
- la communication verbale (l’utilisation du langage et du vocabulaire, des phrases ou des mots écrits, etc. ) ;
- la communication non verbale (les signes, les pictogrammes, des aides visuelles, vocalisations, postures, expressions faciales, etc.).
6. Communiquer autour du consentement sexuel et des représentations de la vie intime dans le handicap
Une fois les outils de communication définis individuellement et mis en place, échanger autour la sexualité et de la vie privée sera plus aisé pour toutes vos équipes (comme pour vos usagers).
Cela concerne toutes les thématiques de la VIAS, comme :
- la compréhension de son corps et de ses parties intimes ;
- l’exploration de ses émotions comme de ses envies et désirs ;
- la compréhension du consentement et du droit de dire « non » ;
- les concepts de bien-être physique, émotionnel et social ;
- etc.
7. Former et sensibiliser aux outils de CAA pour l’accompagnement dans la vie intime et sexuelle
La HAS nous invite à (page 13 de son document) :
« Faciliter l’information, la formation ou la sensibilisation des différentes parties prenantes dans l’accompagnement de la VIAS. […] »
Mais comment faciliter l’information au sein de votre établissement ?
Vous l’aurez compris : la CAA répond directement à cette question.
Vous ignorez comment intégrer ses outils dans votre ESSMS de sorte à ce que tout le monde les utilise efficacement ?
Notre organisme de formation est justement spécialisé dans la CAA. Nous accompagnons depuis plusieurs années des thérapeutes en libéral (orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc.) et ESSMS dans la résolution de leurs problématiques.
Explication de ce qu’est l’intimité, expression de ses douleurs physiques ou mentales, rencontres et socialisation… Vous pourrez, à la fin de notre formation, accompagner vos usagers sur de nombreux aspects de la vie privée.
Vous souhaitez obtenir ces résultats ?
Pour accompagner vos équipes dans la mise en œuvre de ces recommandations sur la VIAS, une formation spécialisée peut être pertinente. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.
Note : Nous savons que la lecture des documents de la HAS peut se révéler long et fastidieux. C’est pourquoi nous avons scruté et résumé ses RBPP (Recommandations des bonnes pratiques professionnelles) sur le thème de la CAA au moins. Vous pourrez retrouver un petit récapitulatif dans notre document dédié.
Ressources complémentaires
- ArticlesAccompagnement du handicap : pourquoi fixer des objectifs
- ArticlesQuand la créativité rencontre les neurosciences
- ArticlesTDAH : du comportement visible à la régulation cérébrale – comprendre pour agir juste
- DIYL’aventure du manger
- ArticlesRecommandations de la HAS pour les TSA : que dit le guide ?
- ArticlesPrendre en charge les comportements-problèmes : les RBPP de la HAS