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Quelles sont les corrélations entre le TSA et les troubles du sommeil ?
Comment détecter des troubles du sommeil dans le TSA ? Comment aider les personnes autistes à mieux dormir ? Pour tout savoir, suivez ce guide !
À lireDes difficultés à se glisser dans les bras de Morphée ? Une tendance à cauchemarder plutôt qu’à rêver ? À se réveiller au plein milieu de la nuit ? Tout ceci peut être le signe de troubles nocturnes. En particulier, dans l’autisme, de tels troubles sont souvent présents. Ils impactent non seulement la sociabilité et le comportement social, mais aussi la santé somatique et mentale de l’enfant comme de l’adulte. Comment assurer un cycle de sommeil complet ? Comment limiter la sévérité des troubles ? Du coucher au lever, passons en revue tous les symptômes d’un mauvais sommeil et les corrélations qui existent entre trouble du spectre autistique, ou TSA, et troubles du sommeil !
Qu’est-ce qu’une bonne nuit de sommeil ?
Avant d’identifier d’éventuels troubles du sommeil, savoir comment fonctionne ce dernier est essentiel.
Le sommeil profond
La première partie de la nuit est constituée de ce qu’on appelle le sommeil profond.
La température corporelle, les battements cardiaques, la pression artérielle : tout diminue pour permettre au corps de se reposer.
Le but ? Restaurer l’énergie nécessaire pour le bon fonctionnement de tous les organes, notamment le cerveau.
Le sommeil paradoxal
Puis, le sommeil paradoxal prend le relais. L’activité cérébrale devient plus intense : c’est le moment où les rêves font leur apparition.
Cette phase est déterminante pour les processus de mémorisation, mais aussi de régulation de l’humeur. De plus, elle permet aux nouveaux-nés de construire leur système nerveux.
Les critères d’une bonne nuit de sommeil
Bien sûr, la définition d’une « bonne nuit de sommeil » va principalement dépendre de l’âge de la personne. En effet, les enfants ont besoin d’une durée d’endormissement largement supérieure à celle d’une personne adulte.
Durant la nuit, plusieurs cycles de sommeil se mettent en branle : chaque cycle sommeil profond / sommeil paradoxal dure environ 1h30. Un réveil précoce, en plein milieu de cette boucle, peut provoquer une somnolence journalière importante. Et ce, quel que soit le nombre d’heures de sommeil.
Vous pensiez que la durée d’une nuit était le critère le plus important pour déterminer une bonne nuit de sommeil ? Malheureusement, non : c’est même un peu plus compliqué que cela.
Ainsi, il existe quelques critères qui, s’ils ne sont pas respectés, permettent d’affirmer si, oui ou non, le sommeil a été réparateur.
- La latence d’endormissement doit ainsi être inférieure à 30 minutes.
- La durée de sommeil sans réveil nocturne doit être supérieure à 6 heures.
- L’heure de réveil doit correspondre à ce qui est recommandé pour chaque âge.

Quelle est la prévalence des troubles du sommeil chez les personnes TSA ?
Au cours de votre vie, vous connaîtrez (ou avez déjà connu) très certainement des troubles du sommeil.
Ces derniers peuvent être liés à un stress, à la consommation d’alcool ou de drogue, à une dépression ou à des migraines…
Bref, à de multiples causes.
Aussi, pour régler ces problèmes nocturnes, il est essentiel de déterminer précisément l’origine d’un mauvais sommeil.
En effet, si ces troubles ne sont pas pris en charge, ils peuvent avoir un impact important dans la vie quotidienne, avec :
- un manque de vigilance ;
- des sautes d’humeur et de l’irritabilité, voire de l’angoisse ;
- des difficultés de concentration et de mémorisation ;
- une régression au niveau des habiletés sociales, du langage ;
- etc.
Chez les personnes autistes en particulier, ces bouleversements sont plus fréquents que dans la population générale.
Ainsi, chez les enfants avec un trouble du spectre de l’autisme, la prévalence est de 50 à 80 %, contre moins de 10 % dans la population pédiatrique générale !
Étonnant, n’est-ce pas ?
Par ailleurs, au-delà de l’assoupissement qui est difficile (nécessitant parfois plus d’1 h), de la durée de sommeil qui est réduite et des terreurs nocturnes, ces enfants présentent également des difficultés face à la sieste.
Or, ceci a de nombreuses conséquences, outre celles déjà mentionnées ci-avant :
- retrait social dû à la fatigue ;
- comportements répétitifs renforcés ;
- diminution des capacités sociales, cognitives et de gestion émotionnelle.

Pourquoi ces troubles du sommeil sont-ils si fréquents dans l’autisme ?
De nombreux scientifiques se sont déjà posé cette question : c’est pourquoi nous pouvons, désormais, y répondre.
Dysfonctionnement de l’horloge interne
En réalité, les troubles chroniques du sommeil sont généralement dus à un dysfonctionnement de notre « horloge interne » (vous savez, celle qui vous dit quand vous avez sommeil).
En termes plus sophistiqués, nous parlons des rythmes :
- circadien (ou horloge circadienne, qui régule les fonctions du corps selon les variations jour / nuit) ;
- et homéostatique (qui est fonction de la fatigue physique accumulée).
Or, les troubles de ces rythmes peuvent avoir plusieurs origines.
Origines physiopathologiques des troubles du rythme circadien
La santé du patient ou de la patiente peut avoir un impact important sur la qualité de son sommeil.
Or, certaines pathologies sont bien plus fréquentes chez les personnes autistes que chez les enfants neurotypiques.
C’est le cas, par exemples, de l’épilepsie comme des troubles gastro-intestinaux
Or, dans le cas notamment d’un enfant non-verbal ou présentant une déficience intellectuelle, l’expression de la douleur peut être très atypique. Autrement dit, il n’est pas toujours facile d’identifier des douleurs somatiques qui pourraient expliquer ces troubles nocturnes…
Par ailleurs, le rythme veille-sommeil est souvent perturbé dans l’autisme.
En effet, pour nous assoupir, notre cerveau sécrète de la mélatonine : il s’agit d’une hormone dont la fabrication est activée dès que la lumière du jour diminue. Or, chez les personnes TSA, cette sécrétion est perturbée : la quantité de mélatonine produite est inférieure à celle produite par les personnes neurotypiques.
Origines sensorielles
De plus, les personnes autistes présentent bien souvent une sensorialité atypique : hypersensibilité ou hyposensibilité à certains stimuli (bruits, lumière, toucher), etc.
Ceci peut être la cause d’une difficulté d’endormissement comme de réveils nocturnes.
Origines psychologiques
Comme chez les personnes neurotypiques, un environnement stressant peut également être à la source d’une mauvaise nuit.
Dans le cas des enfants neuroatypiques, un gros changement dans les rituels de la journée, le stress des parents ou une anxiété forte peuvent générer des troubles dans le cycle du sommeil.
Néanmoins, une fois encore, il peut être difficile à la personne autiste :
- d’identifier qu’elle est stressée ;
- de dire qu’elle l’est et de décrire son ressenti.
C’est pourquoi il n’est pas toujours évident de repérer l’anxiété chez l’enfant ou l’adulte TSA !
Néanmoins, quelques indices peuvent vous aider à voir si l’enfant ressent une quelconque angoisse :
- la présence de comportements à problèmes (irritabilité, opposition, comportements stéréotypés, etc.) ;
- du bruxisme de nuit (le fait de grincer des dents) ;
- de l’apnée du sommeil (souvent accompagnée de ronflements) ;
- des terreurs nocturnes ;
- une hypersomnie accompagnée d’une léthargie importante durant la journée ou d’une apathie (qui peuvent être le signe d’une déprime passagère comme d’une dépression) ;
- la peur de dormir (ou la peur de la nuit).
Les parasomnies
Un sommeil de qualité passe par une certaine immobilité corporelle.
Toutefois, dans quelques cas, certains comportements anormaux sont observés durant le sommeil : ce sont les parasomnies. Il peut s’agir d’énurésie nocturne, mais aussi de marmonnements, de grognements, de cris, de rires, de balancement de la tête ou de gestes désordonnés.
Ces mouvements, s’ils ont lieu durant le sommeil profond, peuvent s’associer à du somnambulisme ou des éveils soudains.
Lorsqu’ils surviennent durant le sommeil paradoxal, ils sont plutôt dus à des cauchemars.
Un syndrome des jambes sans repos peut également gêner l’endormissement et générer des réveils dans la nuit. Ce syndrome est bien souvent associé à des picotements, des brûlures, des crampes, des fourmillements ou des engourdissements (qu’on appelle aussi dysesthésies) dans les membres.

Comment favoriser un sommeil de meilleure qualité ? 5 étapes
1. L’examen médical
Vous avez repéré des signes d’éventuels troubles du sommeil ?
Dans ce cas, il est temps de passer à un examen plus poussé afin d’identifier la méthode thérapeutique la plus adaptée !
Pour ce faire, nous vous conseillons de suivre les étapes suivantes :
- réalisez un agenda du sommeil sur au moins 2 ou 3 semaines (cet outil permet d’identifier plus facilement d’éventuelles insomnies, parasomnies ou hypersomnies) ;
- tournez-vous vers un pédiatre ou un médecin généraliste et amenez l’agenda avec vous lors du rendez-vous ;
- pour poser un diagnostic médical, ce professionnel de santé pourrait alors ausculter l’enfant pour identifier d’éventuelles causes somatiques aux troubles observés. Une polysomnographie (un examen complet pour évaluer la physiologie du sommeil) peut également être prescrite en vue de détecter d’éventuelles apnées du sommeil, syndromes des jambes sans repos ou autres types de pathologies.
En fonction des résultats de ces différents examens, plusieurs pistes thérapeutiques pourraient alors être recommandées.
2. L’hygiène de sommeil
En particulier, une bonne hygiène de sommeil est à mettre en place, en veillant :
- aux habitudes alimentaires le soir (pas de café, de repas trop copieux, ni de sucre) ;
- aux activités physiques (à réaliser de préférence le matin et non le soir) ;
- à l’environnement de la chambre à coucher (il faut un endroit calme, adapté au profil sensoriel de la personne autiste) ;
- à l’exposition à la lumière, et plus spécifiquement aux écrans (qui doit être limitée au maximum le soir, car la lumière limite la sécrétion de la mélatonine).
3. L’approche thérapeutique comportementale
En parallèle, une approche thérapeutique comportementale et individualisée peut être mise en place, avec :
- un rituel autour du coucher (rappelons que souvent les personnes avec TSA apprécient les routines et rituels, qui diminuent leur anxiété) ;
- un début de coucher plus proche de l’endormissement (donc plus tardif). L’heure du coucher est alors avancée tout doucement, par tranche de 5 minutes. C’est ce qu’on appelle la technique du bedtime fading ;
- la présence dans la chambre d’un parent (avec un temps de présence qui diminue doucement jour après jour). C’est le co-sleeping ;
- une extinction progressive de la lumière.
Si ces techniques permettent d’éviter la prise de médicaments (comme des somnifères), elles nécessitent néanmoins une grande patience ainsi que d’une certaine forme d’autorité.
4. La prise de médicaments et autres techniques
Néanmoins, si elles ne fonctionnent pas, vous pouvez également vous appuyer sur la prise de mélatonine en complément alimentaire (après avis médical).
En effet, la sécrétion de cette hormone étant plus faible chez les personnes autistes, la prise d’un tel complément permet, entre autres, de renforcer l’effet soporifique de cette molécule et de limiter les réveils nocturnes.
Toutefois, certaines personnes avec TSA peuvent se montrer insensibles à ce complément, et ce, malgré la prise de fortes doses.
En réalité, tout dépend de l’individu : ce qui fonctionne chez l’un·e pourrait ne pas fonctionner chez l’autre. C’est pourquoi il est nécessaire de procéder via une démarche individualisée.
D’autres techniques sont parfois employées pour faciliter l’endormissement :
- la prise d’autres compléments alimentaires, tels que la vitamine B6 ou la passiflore (dans ce cas, il s’agit de réaliser régulièrement des bilans sanguins afin de vérifier que les doses maximales recommandées ne sont pas dépassées) ;
- la prise de somnifères (après avis médical) ;
- la cohérence cardiaque, qui est une technique de respiration qui favorise l’assoupissement ;
- les massages ayurvédiques, qui sont censés améliorer la digestion et, donc, la qualité du sommeil ;
- la luminothérapie ou la musicothérapie (bien qu’il n’existe à ce jour pas de preuves en ce qui concerne les TSA).
5. Le suivi psychologique
Enfin, se rapprocher d’un pédopsychiatre ou d’un psychologue formé à l’autisme peut aider l’enfant à mieux réguler ses angoisses. Les conséquences ? Diminuer les cauchemars et la peur des monstres nocturnes.
En résumé : ce qu’il faut retenir
→ La prévalence des troubles du sommeil dans l’autisme est de 50 à 80 %.
→ Un sommeil de mauvaise qualité se caractérise par :
- des difficultés à s’endormir ;
- des troubles comportementaux ;
- des réveils nocturnes ;
- une léthargie diurne ;
- un état de santé dégradé ;
- ou encore une régression dans les aptitudes sociales.
→ Il existe de nombreuses comorbidités associées (troubles gastro-intestinaux, épilepsie, anxiété, etc.).
→ Identifier ces comorbidités permet de définir une approche thérapeutique adaptée (comportementale et/ou pharmacologique).
→ Mieux dormir passe également par un programme du soir adapté à l’enfant et une bonne qualité de vie familiale.
Vous vous demandez comment repérer les signes de douleurs somatiques ? Suivez les recommandations du docteur Saravane !
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