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Pourquoi suivre une formation à la CAA en établissement ? Voici 5 raisons !
Vous exercez dans un établissement médico-social ? Voici 5 bonnes raisons de suivre une formation à la CAA !
À lireImaginez avoir très mal au ventre mais n’avoir aucun moyen de le montrer ou de le dire. Ou être installé·e dans un taxi sans savoir ce qui vous attend au bout du chemin.
C’est malheureusement ce que vivent des milliers de personnes, qui n’ont pas à leur disposition des moyens d’expression ou de compréhension adaptés. Trouble du spectre autistique, déficience intellectuelle, paralysie cérébrale, dysphasie… Les situations de handicap qui compliquent les interactions sociales sont nombreuses.
Heureusement, la communication alternative et augmentée, ou CAA, permet d’apporter des outils de communication réellement adaptés aux besoins de toutes ces personnes. Vous vous demandez encore pourquoi suivre une formation à la CAA en établissement ?
Ideereka et Nathalinette s’associent dans ce nouvel article pour vous présenter 5 raisons de se former à la CAA !
1. Suivre une formation à la CAA permet de mieux accompagner les adultes accueillis dans les ESMS
Nous vous en parlions déjà dans un précédent article : les adultes, notamment ceux qui sont diagnostiqués avec un TSA, manquent bien souvent d’outils et de ressources pour les aider au quotidien.
En ce qui concerne la communication, cette affirmation reste, malheureusement, vraie.
Le cas des ruptures de parcours des adultes en situation de handicap
Dans les établissements sanitaires et médico-sociaux (ESMS), nous pouvons distinguer deux catégories d’adultes :
- les adultes ayant bénéficié, jeunes, de moyens de communication adaptés, qui ont par la suite disparu ou été sous-utilisés ;
- et les adultes qui n’ont jamais eu l’opportunité d’avoir accès à un moyen de communication adapté, que ce soit pour comprendre les autres ou pour s’exprimer.
Dans les deux cas, il s’agit de ruptures de parcours : aujourd’hui, ces personnes n’ont pas les moyens nécessaires pour s’exprimer, se faire comprendre ou comprendre les autres.
Heureusement, ceci n’est pas une fatalité ! Voyons plus précisément comment suivre une formation en CAA pourrait vous permettre de mieux les accompagner.
Mieux accompagner les adultes qui ont déjà bénéficié de moyens de communication
Ces personnes, qui ont bénéficié d’un système de communication fonctionnelle plus jeunes, n’utilisent plus ces outils.
Les raisons en sont diverses :
- leurs informations peuvent avoir été mal relayées lors du passage d’un établissement à un autre (rupture dans le parcours de la personne, comme l’a souligné la mesure d’impact de la Croix Rouge en 2021) ;
- le personnel soignant et les professionnels qui accompagnent l’adulte n’ont pas été formés au moyen de communication utilisé, tel que le Makaton, la langue des signes, etc.
Ceci entraîne inévitablement des situations où les personnes concernées sont privées de leurs seuls moyens de communication.
Comment éviter cela ? Vous l’avez dans le mille : en se formant à l’utilisation des outils de CAA !

Mieux accompagner les adultes qui n’ont jamais eu accès à un moyen de communication adapté
Les formations en CAA sont essentielles quel que soit l’âge du patient : tout le monde doit pouvoir apprendre à communiquer, que ce soit par l’utilisation d’images, de gestes ou de pictogrammes.
Malheureusement, aujourd’hui, la plupart de ces formations sont dispensées dans les établissements pour enfants et adolescents.
La raison ? En réalité, elle est liée à une idée reçue encore fortement ancrée : après un certain âge, on ne pourrait plus apprendre à utiliser de nouveaux outils de communication.
Cette affirmation est, bien sûr, fausse !
« Mais, et le bain de langage ? » Nous direz-vous. « Ne doit-il pas être mis en place le plus tôt possible ? »
Si, bien sûr ! Plus nous commençons à apprendre un langage tôt, mieux c’est. Pour autant, il n’est jamais trop tard pour apprendre : chaque personne a un potentiel d’apprentissage que nous avons tendance à sous-estimer, en particulier chez les personnes en situation de handicap.
Mais, pour que des patients puissent apprendre à transmettre un message avec les bons outils, encore faut-il que le personnel accompagnant y soit formé !
2. Apprendre la CAA permet de communiquer dans toutes les situations !
Dans les années 1990, Carole GOOSSENS, une orthophoniste américaine pionnière en CAA, a introduit l’idée de langage assisté. Elle préconisait de « parler naturellement en CAA pour que les individus apprennent la CAA ».
Ce concept a ensuite évolué vers la CAA dite robuste, qui permet de communiquer partout et tout le temps, avec des outils linguistiquement complets.
Car, oui, il est possible d’utiliser des outils de la CAA dans toutes les situations, et pas seulement lors des groupes de communication souvent instaurés au sein des établissements !
Si cela peut sembler évident pour les technologies de synthèse vocale ou d’eye-tracking, cela l’est souvent moins avec des techniques moins élargies telles que le fameux tableau de communication et l’utilisation des pictos.
Pourtant, la personne en face de vous aura besoin d’entretenir de véritables interactions sociales à tout moment (avec vous comme avec ses proches).Pas seulement pour demander quelque chose, mais aussi pour :
- taquiner ;
- faire une blague ;
- dire un secret ;
- commenter ;
- protester ;
- dire des banalités ;
- indiquer un inconfort ;
- poser des questions ;
- raconter un événement ;
- répondre ;
- décrire ;
- et tant d’autres choses encore !
Il s’agit alors d’apprendre à parler naturellement en langage assisté, et non de découper l’apprentissage de la communication en différentes phases, comme cela peut être le cas dans le PECS dans l’autisme.

3. Se former à la CAA permet de réduire les situations d’incompréhension
La CAA, pour toutes les personnes qui ont un trouble de la parole et du langage, est un excellent moyen pour « parler » … et pour « écouter » !
En effet, les difficultés de communication peuvent être doubles :
- elles peuvent limiter l’échange efficace d’un message, que ce soit par l’oral ou l’écrit ;
- et elles peuvent diminuer les possibilités de compréhension.
D’ailleurs, avant de pouvoir parler une langue (que ce soit l’anglais, le japonais ou l’arabe), nous avons besoin de la comprendre.
(Bon… Sauf, peut-être, lorsque nous chantons nos chansons favorites en « yaourt » ! 😉)
Pour vos patients, cela signifie leur apporter des moyens de voir ce qu’ils et elles ne peuvent comprendre oralement.

C’est le langage visuel en complément du langage oral : signes, pictogrammes, photos, langage écrit…

D’ailleurs, les pictogrammes font partie intégrante de notre quotidien : nous pouvons les retrouver sur les panneaux de la route, à l’aéroport, dans les gares et même sur nos smartphones.

Imaginez devoir conduire sans tous ces pictogrammes ! Comment pourrions-nous comprendre le code de la route dans les pays étrangers ? Les pictos nous permettent de faire le lien entre différentes langues.
Pour les professionnels d’ESMS et leurs patients, c’est un peu la même chose : les outils de CAA constituent un pont qui les relient.
De fait, se former à la CAA et utiliser ces outils au quotidien permet de :
- améliorer la compréhension entre le personnel accompagnant et les patients ;
- rendre la prise en charge plus efficace, puisque les patients peuvent décoder ce que les professionnels leur disent ;
- mieux prendre en compte les besoins des patients, qui sont mieux compris par le personnel ;
- finalement, tisser des relations de confiance.
Bien sûr, tout ceci ne se fait pas d’un claquement de doigts : un temps d’adaptation est forcément nécessaire.
Néanmoins, les bénéfices arriveront plus vite que vous ne le pensez !
4. Les formations en CAA sont ouvertes à toutes les professions… et pas qu’à l’orthophonie !
La communication serait-elle l’affaire des orthophonistes uniquement ?
Bien sûr que non !
Certes, ces professionnel·les ont étudié spécifiquement ce domaine pendant 5 longues années.
Ils et elles maîtrisent parfaitement les rouages du langage, de la communication verbale et de la communication non-verbale.
Pour autant, tout le monde communique !
Bien sûr, les orthophonistes peuvent grandement vous aider à porter un projet de CAA au sein d’un ESMS. (D’ailleurs, nous profitons de cet article pour exprimer notre désarroi profond quant à l’absence d’orthophonistes dans les établissements… D’ailleurs, pour que le projet aboutisse, un alignement des connaissances pour tous les professionnels est essentiel !)
Malgré tout, cette situation ne doit pas vous empêcher de mettre en place un projet de communication dans votre établissement.
La première étape à franchir, la plus difficile, est de se lancer !

5. Déployer la CAA est une obligation pour les établissements médicaux-sociaux
Saviez-vous que la communication est un droit humain fondamental ?
En effet, la socialisation est l’un des besoins fondamentaux de l’être humain après le besoin de survie et de sécurité (qui nécessitent d’ailleurs l’accès à un moyen de communication : dire qu’on a faim, qu’on a peur, comprendre comment être rassuré…).

C’est pour cette raison que les établissements médico-sociaux ont pour obligation de mettre en place une démarche de CAA.
D’ailleurs, le 26 avril 2023, a eu lieu la 6e Conférence Nationale du Handicap à Paris.
Les conclusions d’Emmanuel Macron lors de cette conférence sont sans appel :
« Nous ne sommes pas à la hauteur de l’idéal d’égalité que nous avons gravé au fondement de la République. »
Pour pallier ces retards, le Président a annoncé débloquer 1,5 milliard d’euros pour l’accessibilité. Il appuie son discours sur l’importance de l’accès à la CAA pour les 2 millions de personnes concernées et affirme ainsi la volonté du gouvernement de : « redonner la parole à ceux qui ne l’ont pas ».
Mais cette obligation n’est pas nouvelle.
L’une des propositions du rapport du gouvernement « Plus simple la vie », publié en 2018, indiquait déjà de « mettre en place une stratégie nationale » pour « développer la CAA, en coordination avec les ARS, les établissements et services et les prestataires existants ».
La Haute Autorité de Santé (HAS) elle-même met l’accent sur l’importance de la communication au sein des établissements médico-sociaux.
Conclusions : pourquoi suivre une formation à la CAA en établissement ?
Récapitulons.
- Suivre une formation en CAA permet de mieux accompagner les personnes accueillies dans les ESMS.
- Apprendre la CAA permet de communiquer dans toutes les situations.
- Se former à la CAA contribue à réduire les situations d’incompréhension.
- Les formations en CAA sont ouvertes à toutes les professions.
- Déployer la CAA est une obligation pour les établissements médicaux-sociaux.
Finalement, il existe de multiples raisons de s’essayer à la CAA !
Malgré tout, si vous choisissez de vous lancer dans une telle aventure, quelques précautions sont à prendre : tout comme Rome, un projet de CAA ne se construit pas en un jour !
Ainsi, voici quelques-unes de nos recommandations.
- Une seule personne formée dans un service ou un établissement ne suffit pas. Cherchez plusieurs professionnels qui pourront porter, ensemble, les projets de communication !
- Si tout le monde, y compris la direction, a conscience des enjeux et des besoins liés à la communication, alors ces projets seront encore mieux portés par l’ensemble de la profession.
- Enfin, avant de vous lancer, réfléchissez à une stratégie d’équipe !
Bref, vous l’aurez compris : mettre en place la CAA dans un établissement prend du temps et nécessite de l’organisation et de la cohésion.
Vous risquez même, parfois, de vous tromper, mais ne vous en faites pas : chez Nathalinette, notre maxime est : « Plus je me plante, plus je pousse ! » (Guedj)
Aussi, lancez-vous ! Plantez-vous et semez les graines de la CAA autour de vous : c’est promis, il n’y a rien de plus beau que de les voir fleurir !
Malgré tout, vous souhaitez éviter de vous « planter » trop souvent ?
Rien de plus normal : l’échec peut être source de frustration, voire d’abandon.
Aussi, ne restez pas seul·es avec vos interrogations !
Nous savons à quel point les problématiques rencontrées par les établissements médico-sociaux peuvent être très différentes d’un cas à l’autre. C’est la raison pour laquelle Ideereka, certifié Qualiopi, propose désormais des formations sur-mesure, qui répondent spécifiquement à vos besoins.
De fait, nous intervenons directement au sein des établissements pour vous aider à mettre en place un projet de CAA simple, clair et entièrement personnalisé. En visio ou en présentiel, sur plusieurs jours d’affilée ou étalés dans l’année… c’est vous qui choisissez !
Vous êtes déjà formé·e à la CAA mais ne savez pas comment la mettre en place là où vous exercez ?
Vous savez utiliser les signes, mais non les pictogrammes (ou inversement) ?
Vous ne connaissez aucun des outils de la CAA ?
Contactez-nous ! Nous trouverons sûrement chaussure à votre pied.
BIBLIOGRAPHIE
Battye Alison (2018) Who’s afraid of AAC? The UK guide to Augmentative and alternative communication. Routledge, Taylor & Francis Group.
Beukelman Light J. Augmentative & Alternative Communication: Supporting Children and Adults with Complex Communication Needs (2020) Paul H. Brookes (Baltimore)
Beukelman, D. R., Mirenda, P., Prudhon, E. & Valliet, E. (2017). Communication alternative et améliorée. De Boeck supérieur.
Cataix-Negre, E. (2017). Communiquer autrement : accompagner les personnes avec des troubles de la parole et du langage (deuxième édition). De Boeck



