Articles

Découvrez ces 5 idées reçues liées à la communication alternative !
Prêt·e à tordre le cou aux préjugés ? Voici 5 mythes et idées reçues liées à la communication alternative, qu’il est urgent de défaire !
A lire et à écouterComment faciliter les interactions sociales lorsque nous ne pouvons nous exprimer ? Dans la société, échanger avec les autres est essentiel. Non seulement pour partager ses émotions et ses pensées, mais aussi et surtout pour créer du lien avec les autres. Or, comment y parvenir lorsque l’expression orale ne nous est pas accessible ?
C’est à cette question que répond la communication alternative et augmentée, ou CAA.
Malheureusement, celle-ci fait encore face à de nombreux préjugés et fausses représentations. Quelles sont les croyances limitantes qui empêchent de nombreuses personnes d’avoir accès à un moyen de communication adapté ?
En association avec Ideereka, les deux orthophonistes de Nathalinette ont sélectionné 5 idées reçues liées à la communication alternative. Êtes-vous prêt·e à les bannir de votre vocabulaire ?
Retrouvez ici la version lue de l’article pour plus d’accessibilité :
Idée reçue n°1 : Il faut des pré-requis pour mettre en place un outil de CAA
Peut-être avez-vous déjà entendu le fameux : « Il n’en est pas là, il n’est pas encore prêt pour la CAA ! »
Eh bien, vous savez quoi ? C’est absolument faux !
Être prêt pour apprendre à communiquer, cela ne veut rien dire !
Il n’existe AUCUN pré-requis pour apprendre la CAA
Observons ce qui se passe dans le développement typique du langage.
Dès la naissance, nous nous adressons oralement à un bébé, alors qu’il n’a encore démontré aucune compétence de communication, verbale ou non.
Nous ne nous demandons pas s’il est prêt pour cela : au contraire, nous le bombardons de mots au quotidien. Et nous avons bien raison !
Car c’est grâce aux exemples de langage oral que le bébé va développer des compétences importantes pour bien communiquer.
Avant de se mettre à parler, il entend ainsi des milliers de mots, utilisés et répétés dans diverses situations au quotidien.
À présent, imaginez la situation suivante.
Vous attendez que votre bébé soit « prêt » pour apprendre à parler. Ainsi, vous n’utilisez que 2 ou 3 mots différents, jour après jour.
Au final, le développement langagier prend un temps infini, alors que d’autres petits du même âge ont déjà acquis des compétences langagières importantes…
En CAA, c’est la même chose !
Le bain de langage pour apprendre à communiquer
C’est parce que nous nous adressons à la personne en utilisant un langage alternatif (comme des pictogrammes ou des signes) qu’elle va développer des compétences communicationnelles.
Bref : le langage, qu’il soit oral, signé ou en pictos, ça s’apprend. Et pour ce faire, il n’y a pas mille solutions : il faut baigner dedans !

Idée reçue n°2 : Il faut tester les capacités de la personne avant d’utiliser la CAA
Encore une représentation qui a la peau dure !
En effet, à quoi bon tester quelque chose qui n’a pas encore été enseigné ?
De plus, comme nous l’avons vu précédemment, il n’y a pas de pré-requis à la CAA. Or, sans pré-requis, que pouvons-nous tester ?
Vouloir tester une personne avant de mettre en place la CAA, c’est comme proposer une dictée à un enfant qui n’a pas encore appris à lire, ni à écrire… ou de tester nos capacités dans une autre langue (comme l’anglais, l’espagnol ou l’allemand) avant même de nous avoir permis de l’apprendre.
Dans cette situation, la personne va très vite se retrouver en difficulté.
Résultat ? Baisse de motivation, d’estime de soi… Et surtout, le risque majeur pour nous, de sous-estimer sa capacité à apprendre la CAA , ce qui entraînera le choix d’un outil trop restreint pour elle.
Alors, comment éviter une telle situation ? Croyez au potentiel d’apprentissage de chaque individu ! Puis enseignez avant de tester.
Pour mettre en place une évaluation dynamique (nous verrons ce concept plus en détail dans un prochain article !), voici quelques étapes :
- utiliser la CAA au quotidien avec la personne qui a des troubles de la communication (pour instaurer un « bain de langage ») ;
- montrer comment utiliser tel ou tel outil de communication ;
- laisser la personne s’approprier le moyen de communication ;
- observer les compétences développées au fil des semaines ;
- enfin, évaluer ces compétences.

Idée reçue n°3 : Une personne avec des déficiences motrices ne peut accéder à aucun outil de communication
Ce qui est bien avec les outils de CAA, c’est qu’ils sont adaptés à (strictement) tout le monde !
Ainsi, les aides technologiques offrent un accès à la communication même à celles et ceux qui présentent des troubles moteurs.
Pointer avec le doigt n’est pas possible (pour désigner certains pictogrammes, notamment) ?
Utiliser le langage des signes n’est pas envisageable ?
Dans ce cas, vous pouvez employer bien d’autres solutions :
- la désignation avec la main ou une autre partie du corps pour accéder à un outil ;
- le fait de prendre et donner le pictogramme à son interlocuteur, c’est-à-dire par exemple de déscratcher un pictogramme et le donner pour construire une phrase sur une bande-phrase ; ;
- les souris, joysticks et trackballs pour sélectionner les mots ou pictogrammes dans les tableaux de communication ;
- le balayage par l’interlocuteur (l’accompagnant balaie les différentes options et la personne valide le message choisi avec un code préalablement défini, comme un signe de la tête, un clignement des yeux ou une vocalisation) ;
- le balayage par l’ordinateur ou la tablette tactile (associé à une synthèse vocale) ;
- la commande oculaire.
Bref : les possibilités sont multiples !
Par ailleurs, une même personne peut utiliser plusieurs outils de communication alternative et augmentée avec des moyens d’accès différents. Ceci peut l’aider à parler, partager des idées et faire part de ses besoins primaires malgré un état de fatigue important (ou un environnement a priori peu adapté).
Un pointage au doigt est loin d’être indispensable : de nombreuses personnes pourront accéder à leurs outils et vous raconter des milliers de choses, même si elles ne peuvent pas utiliser le pointage digital !
Finalement, pour définir le meilleur outil de CAA pour telle ou telle personne, nous devons avant tout déterminer de quelle manière elle va utiliser cet outil.
Comment sélectionne-t-elle les différents messages à transmettre ?
Dans quelles situations a-t-elle besoin de cet outil ?
Présente-t-elle des troubles visuels qui nécessitent d’avoir un outil avec de bons contrastes ?
C’est ainsi que nous saurons, précisément, quel est le meilleur système de communication pour elle !

Idée reçue n°4 : Pour bien communiquer, il faut forcément un outil high-tech de CAA
Encore un mythe bien ancré dans les esprits.
Pourtant, n’oublions pas que la communication est, par définition, multimodale.
Concrètement, cela signifie que nous utilisons, constamment, plusieurs modes de communication pour nos échanges au quotidien : parole, gestuelle, langage corporel, expressions faciales, mots écrits, dessins et représentations graphiques… et bien d’autres encore !
Ainsi, nous n’utilisons pas que nos ordinateurs et téléphones pour interagir avec les autres – et heureusement !
De la même manière, la CAA, ce n’est pas que les outils technologiques.
Certes, les logiciels sur ordinateur et tablettes tactiles sont très utiles ! Mais les outils papiers et le langage signé sont tout aussi efficaces. Ce n’est pas pour rien que le Makaton, qui emploie à la fois un vocabulaire gestuel et des représentations graphiques, a autant de succès.
D’ailleurs, il est préconisé d’utiliser ce que nous appelons, chez Nathalinette, le « multi-outils » ou la « CAA totale ».
Finalement, rien ne vous empêche d’utiliser de manière conjointe des tableaux de choix affichés aux murs, des signes, des classeurs, une application smartphone, des pictos dessinés, des séquentiels… Car tous ces outils sont complémentaires !
Ne vous privez pas de vous servir de tout ce dont vous avez besoin selon les moments et les objectifs visés.

Idée reçue n°5 : Une fois l’outil de CAA en main, la personne va tout de suite se mettre à nous parler !
Une telle fausse croyance est plus répandue que nous pourrions le penser !
En effet, nous pensons – souvent à tort – que dès qu’un dispositif de communication est mis à disposition d’une personne, celle-ci va se mettre à parler aussitôt avec.
Son entourage pourrait alors s’exprimer : « Mais elle ne l’utilise pas ! »
Puis pourrait vouloir se séparer tout de suite de ce nouvel outil.
Patience ! Comment la personne pourrait-elle apprendre à se servir de son outil si nous ne lui laissons pas le temps d’apprentissage nécessaire ? Ou si elle ne voit personne d’autre l’utiliser ?
N’oublions pas que communiquer, ce n’est pas que s’exprimer et dire des choses… C’est aussi recevoir des messages et les comprendre !
Car la communication s’exerce dans 2 sens.
- D’abord, nous recevons un message oral, écrit, dessiné ou signé.
- Nous devons alors le décoder.
- Puis nous sélectionnons la bonne réponse à apporter à notre interlocuteur…
- … Avant d’utiliser l’outil de communication à notre disposition pour transmettre cette réponse !
Reprenons notre concept du bain de langage : c’est parce qu’un bébé « baigne » dans un environnement où l’entourage parle constamment qu’il va être en mesure de développer du vocabulaire – et va pouvoir, à terme, parler.
Sauf si, bien sûr, il présente un handicap qui explique l’absence de communication orale, tel qu’un syndrome génétique ou des troubles de la parole et du langage.
Demanderiez-vous à un nouveau-né de prononcer des phrases complexes, alors qu’il n’a même pas encore babillé pour la première fois ?
Non ?
C’est la même chose pour une personne qui a entre les mains un nouvel outil pour la toute première fois de sa vie. Et ce, quel que soit son âge.
Au contraire, pour bien utiliser l’un de ces outils, elle doit voir les autres – tout autour d’elle – l’employer également.
Un autre exemple ? Pour jouer de la guitare, nous avons besoin que plusieurs conditions soient réunies :
- avoir un instrument entre les mains ;
- entendre quelqu’un d’autre en jouer (pour différencier les bonnes des fausses notes) ;
- avoir un professeur qui va nous montrer où et comment placer nos doigts, comment faire sonner les cordes.
C’est strictement la même chose dans le cas de la CAA !
Ainsi, avec des tableaux de pictogrammes, n’oubliez pas de montrer :
- où sont situés les pictos ;
- comment naviguer dans le tableau ;
- à quoi chaque picto correspond dans le monde qui nous entoure.

Et pour en savoir plus sur les idées reçues de la communication alternative…
Aucune personne n’est non communicante : croire à ce préjugé, c’est renforcer les idées reçues liées à la communication alternative et améliorée.
Au contraire, nous devons tordre le cou à ces fausses croyances pour permettre à tout le monde d’accéder à une plus forte autonomie.
Aussi, lancez-vous ! Et ce, quel que soit le profil de votre patient·e, de votre enfant ou de votre parent.
Car la CAA s’adresse à tous types de handicaps (et de polyhandicaps) : troubles du spectre autistique, mais aussi paralysie cérébrale, maladie de Parkinson, déficience intellectuelle, troubles du langage, pour ne citer que ces quelques cas !
Pour faciliter l’autonomie au quotidien de toutes ces personnes et leur permettre d’exprimer leurs besoins, leurs émotions et leurs pensées, pointons des pictogrammes sur les tableaux, signons, montrons comment utiliser des logiciels… Et plantons-nous !
« Plus je me plante, plus je pousse », disait Michelle Guez, psychologue.
Ainsi, c’est en faisant – et en se trompant – que nous apprenons !
Vous souhaitez mettre fin à ces clichés ?
Dans ce cas, la première étape est de se renseigner de manière approfondie sur les idées reçues liées à la communication alternative.
Comment ? Pas de panique ! Ideereka, avec Nathalinette, vous expose tout ceci en détail dans cette rubrique dédiée à la CAA.
Aussi, inscrivez-vous ci-dessous à notre newsletter pour ne louper aucun de leurs prochains articles sur la CAA !



