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Non verbal, vraiment ? Ou non oralisant ? Définition claire et exemples
Quelle est la différence entre non-verbal et non-oralisant ? Pour le savoir, découvrez d’abord la définition exacte de la communication non-verbale !
À lireNous entendons souvent dire, à propos de certaines personnes, qu’elles sont « non-verbales ». Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles n’utilisent pas la parole pour communiquer. En d’autres termes, elles n’oralisent pas de mots. Mais c’est mal nommer ce que fait la personne et lui coller une étiquette mal choisie… et réductrice ! Or, saviez-vous que les mots que nous utilisons pour décrire les personnes ont des conséquences durables ?
En effet, en utilisant de mauvais termes, nous empêchons certains individus d’évoluer vers ce qu’ils peuvent vraiment être. C’est pourquoi employer la bonne terminologie est essentielle. Car les mots que nous prononçons reflètent les forces et les défis de chaque personne.
C’est pourquoi non-verbal est, selon nous, trop souvent utilisé à mauvais escient. Vous verrez que dire de quelqu’un qu’il est non-verbal restreint son potentiel et qu’il vaut mieux utiliser le terme non-oralisant. Mais alors, quelle est la véritable définition de la communication non-verbale ? Quand et comment utiliser ce terme ? Nous vous expliquons tout cela dans cet article !
Qu’est-ce que la communication verbale ?
Comme le dit le renard dans Le Petit Prince :
« Le langage est source de malentendus »
Saint-Exupéry
Dans cet article, nous vous proposons de chasser tout malentendu à propos de la communication non-verbale !
Mais, pour savoir ce que signifie « non-verbal », faut-il encore se pencher sur la définition de son antonyme : « verbal ».
Définition du dictionnaire français
Prenons Le Larousse de la langue française. Ce dictionnaire fournit 3 définitions pour le terme verbal :
« Qui est relatif à la parole, aux mots, au langage. »
« Qui se fait de vive voix et non par écrit. »
« Qui concerne seulement la forme de l’expression, non l’idée. »
Mais… les 2 premières définitions n’iraient-elles pas à l’opposé l’une de l’autre ?
En effet, selon la première définition, le mot verbal est synonyme de langage.
Dans la seconde, toutefois, ce même mot devient synonyme d’oralisation seulement.
Voilà de quoi porter à confusion !
Car le langage inclut non seulement les mots écrits, mais aussi les langues des signes, des symboles graphiques… autant de façons de communiquer sans passer par l’oralisation !
Chez Nathalinette et Ideereka, nous choisissons d’utiliser la première définition.
Car, dans la vie, il n’y a pas que le langage oral (ou la parole articulée) !
Exemple de symbole graphique, un élément important du langage
La notion de symbole graphique n’est pas claire pour vous ? En réalité, il s’agit d’une simple représentation graphique d’un mot précis.
Prenons un exemple.
Vous voyez cet objet ?

Qu’est-ce que c’est ? Comment le nommer ? Devinez… avec un symbole !
- En langage oral, nous dirons : « pom ».
- En langage écrit, nous dirons :

- Avec un signe, nous dirons : voir la vidéo
- Enfin, en picto, nous dirons :

La communication verbale, c’est le langage
Avez-vous remarqué le verbe que nous avons utilisé dans toutes les phrases qui précèdent ?
Bingo ! C’est bien le verbe dire !
Car nous pouvons dire/parler avec notre bouche, mais aussi avec :
- les mains (signes) ;
- un crayon ou un clavier (langage écrit) ;
- des pictogrammes, images ou photos (symboles graphiques), qui peuvent être désignés par les mains ou par une autre partie du corps.
Ainsi, dire d’une personne qu’elle est verbale signifie qu’elle utilise un langage, quelle que soit sa forme.

Pourquoi parler de communication multimodale ?
Saviez-vous que nous pouvons utiliser plusieurs formes de langage ?
D’ailleurs, c’est ce que nous faisons au quotidien. Observez-vous : vous parlez à votre collègue ou à un.e ami.e, puis vous envoyez un message Whatsapp ou un email.
C’est ce que nous appelons la multimodalité de la communication.
Eh oui ! Vous communiquez de manière multimodale, peut-être sans le savoir !
Or, une telle communication est essentielle. En effet, pour certaines personnes en situation de handicap, cette capacité à combiner plusieurs formes de langage peut devenir un véritable tremplin vers une communication autonome plus précise et plus fluide, permettant à l’interlocuteur de moins utiliser de questions ou d’éviter les suppositions.
Par exemple, les personnes qui ont un trouble du spectre autistique (TSA) ou un syndrome de Rett peuvent utiliser :
- soit quelques mots oralisés et des signes ;
- soit des mots écrits et des pictos ;
- soit des signes, des pictos ainsi que de l’oral ;
- etc.
Bref : les possibilités sont multiples, selon le moment, l’envie, l’état de fatigue, les connaissances et les capacités de l’interlocuteur.
Exemple d’une personne qui n’oralise pas mais qui est verbale
Prenons l’exemple de Tom.
Tom ne prononce pas de mots à l’oral. Pour discuter avec les autres, il utilise au quotidien, et de façon spontanée, les signes du Makaton.
Il pointe aussi des pictogrammes sur des tableaux de communication lors de divers moments et activités : le temps du repas et de la toilette, ses séances d’équitation, de psychomotricité… mais aussi lors d’échanges avec des personnes qui ne connaissent pas les signes.
En séance d’orthophonie et à l’école, il apprend à utiliser un logiciel avec synthèse vocale, qui est constitué de pictogrammes et de mots écrits.
Bref : Tom communique en combinant différents symboles (les signes, les pictos et les mots écrits).
Tom est donc un communicant verbal multimodal, et ce, même s’il ne parle pas oralement.
Pourquoi cet exemple ? Parce qu’il est significatif : il montre qu’une personne qui n’oralise pas de mots n’est pas non-verbale.
Pour être plus juste et précis, chez Nathalinette, nous disons que cette personne est non-oralisante. Et nous préférons encore dire : « personne qui communique avec des signes, des pictos, des mots écrits ».
Aussi, aidons les individus à développer une autre forme de langage en vue de devenir verbaux ! Et arrêtons de dire d’une personne qui n’oralise pas de mots qu’elle est non-verbale.

Qu’est-ce que la communication non-verbale ? Définition par l’exemple
Nous venons de voir ensemble ce que signifie être verbal : c’est avoir un langage.
Revenons-en à présent à notre question de départ (à savoir, qu’est-ce que la communication non-verbale ?).
Dans le monde de la communication alternative et améliorée (ou CAA), dire d’une personne qu’elle est non-verbale revient à dire qu’elle n’a pas de langage… ce qui est très réducteur !
En effet, ce n’est pas parce que la personne n’oralise pas de mots qu’elle n’a pas (ou qu’elle n’est pas capable de développer) une autre forme de langage !
Or, ce qui compte vraiment, c’est d’avoir un langage, peu importe sa forme.
Prenons l’exemple de Marie.
Marie interagit avec les autres à l’aide de mouvements corporels. Par exemple, elle tourne la tête ou tape son corps pour protester.
Elle produit également quelques vocalisations non articulées. Elle dit ainsi « ahhhh » pour attirer l’attention ou « ouhou » pour indiquer qu’elle souhaite boire.
Enfin, elle regarde fixement un objet pour le réclamer.
Mais elle n’utilise pas d’outils de la CAA.
Alors, est-elle, ou non, non-verbale ?
Eh bien, la réponse est… oui !
En effet, Marie n’utilise pas de mots oralisés. Mais, surtout, ses moyens de communication alternatifs ne sont pas codifiés, ni partagés par un grand nombre d’individus.
Or, le langage est, par définition, un code partagé par plusieurs personnes, pour leur permettre de créer des interactions sociales et d’échanger des pensées, des messages.
Ainsi, Marie n’utilise pas de langage.
Ses gestes, ses vocalisations, ses regards sont dépendants du contexte et sont donc sujets à interprétation : une personne qui ne connaît pas Marie aura certainement du mal à comprendre ce que ouhou signifie.
Au contraire, si elle pointe le pictogramme « boire », il sera plus facile pour son interlocuteur de comprendre ses envies et ses intentions.
Son message aura été plus fiable et plus efficace.
Toutefois, attention !
Nous ne pouvons pas dire de Marie qu’elle est non-communicante !
En effet : elle communique ! Certes, pas de manière compréhensible par tout le monde. Mais elle s’exprime !
Heureusement, il est possible de faciliter ses échanges avec les autres.
Pour cela, nous pouvons guider Marie vers l’apprentissage des signes ou des pictogrammes, dans des contextes fréquents et motivants. De cette manière, elle pourra développer un langage riche et pourra plus facilement s’intégrer socialement et devenir autonome.

Qui utilise la communication non-verbale ?
Tout le monde !
Eh oui ! Au quotidien, nous faisons des mimiques, des gestes, des regards… Nous prenons certaines postures pour accompagner ce que nous disons à l’oral.
Finalement, tout ceci donne des indices supplémentaires quant à notre état d’esprit et les émotions qui nous traversent.
C’est pourquoi la communication non-verbale n’est pas moins bonne que la communication verbale.
Dans certains contextes, c’est, au contraire, un moyen d’expression très efficace ! Elle nous permet ainsi d’aller plus vite.
Par exemple, qui n’a jamais désigné la table du menton plutôt que de dire « la clé est sur la table » ?
Toutefois, cette manière de communiquer peut être source de confusion : l’interlocuteur interprète le message à sa façon.
De plus, elle ne permet pas de partager des idées complexes.
Comment dire, seulement avec quelques mimiques, que nous souhaitons aller chez le coiffeur ?
La communication non-verbale, si elle est utile dans certains contextes, présente des limites : elle ne peut donc être utilisée seule.
L’idéal est alors de combiner le verbal et le non-verbal… D’où la multimodalité dont nous parlions plus haut !
Les 5 idées à retenir de cet article
En conclusion, voici les 5 idées à retenir :
- Tout le monde communique !
- Une personne non-verbale utilise des moyens d’expression non-codifiés (c’est-à-dire n’utilisant pas de symboles), tels que des mimiques, des postures, des onomatopées.
- Une personne qui n’utilise pas le langage oral pour s’exprimer est non-oralisante.
Nous parlons aussi de personnes qui communiquent avec des pictos, des signes, des dessins… - Verbal traduit l’idée d’utiliser une forme de langage, que ce soit l’oral, l’écrit, les pictogrammes et/ou les signes.
- La multimodalité est le fait de combiner plusieurs moyens de communication dans une discussion, que ces moyens soient verbaux ou non-verbaux.
Vous comprenez sûrement à présent pourquoi dire « non-verbal » pour désigner une personne qui ne parle pas oralement est imparfait et réducteur.
Au contraire, toutes les formes de communication sont valables ! Honorons-les et soutenons-les afin de permettre à tout le monde de s’exprimer.
Connaissiez-vous déjà la différence entre non-verbal et non-oralisant ? Ou la comprenez-vous mieux maintenant ?
Dans tous les cas, si vous souhaitez en savoir plus sur la CAA, restez à l’affût de nos prochains articles. Et inscrivez-vous à notre newsletter pour n’en rater aucun !
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