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7 signaux d’alerte pour orienter vers une dysgraphie
L’écriture de l'enfant n’est ni lisible, ni rapide ? Il ou elle se fatigue vite ? Ces 7 signaux d’alerte vous permettront de savoir s’il faut entamer une démarche diagnostique.
À lireQui ne s’est pas déjà émerveillé face aux premières traces de son enfant ? Même lorsqu’il s’agit d’un simple gribouillis, les premiers motifs graphiques des tout-petits peuvent ressembler à des œuvres d’art aux yeux de leurs parents. Toutefois, à l’âge où l’on apprend à écrire, cet émerveillement est bien souvent remplacé par une attente élevée en ce qui concerne les capacités d’écriture. Face à la moindre difficulté, nous avons alors tendance à nous alarmer. S’agit-il d’une dysgraphie ? Ou d’un simple retard qui sera rapidement rattrapé ? Face aux inquiétudes des parents, les professionnels de santé doivent alors savoir répondre avec pertinence. Pour être certain·e de ne pas vous tromper, découvrez comment repérer une dysgraphie à l’aide de ces 7 signaux d’alerte !

1. L’âge pour diagnostiquer un trouble graphomoteur
Un enfant que vous accompagnez présente une écriture de piètre qualité ? Attention, ce n’est pas forcément le signe d’une dysgraphie !
Pour savoir comment repérer une dysgraphie, le premier point à vérifier est l’âge de l’enfant.
Vous avez identifié certains signes qui évoquent la dysgraphie bien avant 7 ans ?
Attention, le diagnostic de ce trouble durable ne peut être posé qu’à partir de 7 ans !
En effet, dans certains cas, il peut exister un retard dans le geste graphique, qui n’est pas forcément dû au trouble dysgraphique.
En effet, tous les individus ne progressent pas au même rythme :
- certains enfants, dès 6 – 7 ans, auront très vite une belle écriture cursive ;
- tandis que d’autres auront besoin de temps pour acquérir la posture adaptée, la régulation tonique nécessaire ou, encore, la coordination visuo-motrice.
C’est pour cette raison que la dysgraphie ne peut être diagnostiquée qu’un an après le début de l’apprentissage de l’écriture.
Le geste graphique n’est pas automatisé ?
Les difficultés graphiques ont un retentissement sur la vie scolaire comme familiale ?
L’enfant présente un désintérêt pour le tracé ?
Si ces signes sont observés vers 7 ou 8 ans environ, alors il y a lieu de se poser quelques questions supplémentaires.
2. Une écriture peu lisible
Après avoir vérifié l’âge de l’enfant, observez son écriture.
Une écriture dysgraphique se révélera de mauvaise qualité et peu lisible.
Les lettres sont à peine achevées, peu liées entre elles.
Il est même possible de voir que l’enfant est repassé plusieurs fois sur quelques traits.
Il est difficile de lire ce qui est écrit – et même le petit qui a rédigé ce texte n’est pas en mesure de se relire.
Bref : les habiletés gestuelles ne sont pas acquises, la main a des difficultés à retracer les symboles.
Les causes de ces troubles graphomoteurs sont nombreuses.
Ainsi, il peut s’agir d’un déficit au niveau de la motricité fine, de la précision visuo-motrice ou des fonctions exécutives.
Dans tous les cas, il est difficile, à ce stade, de savoir pourquoi l’enfant a des difficultés à apprendre à écrire.

3. Une mauvaise organisation spatiale
Dans tous les cas, vérifiez si ce troisième signal d’alerte est également présent : une mauvaise organisation spatiale.
Attention, ceci ne veut pas dire que l’enfant ne peut s’organiser dans sa chambre !
Simplement, il lui est difficile de gérer l’espace sur sa feuille de papier ou sur son cahier.
Il ou elle n’écrit pas « droit » et les lignes d’écriture se chevauchent. Le retour à la marge se fait de façon maladroite, les mots sont très serrés.
On dit alors que l’écriture manque de respiration.

4. Un rythme d’écriture variable, voire très lent
Néanmoins, il arrive que les formes tracées soient très lisibles. En effet, l’enfant peut fournir un effort supplémentaire pour s’assurer de la qualité de son écriture.
C’est d’ailleurs bien là que le bât blesse : comme le langage écrit est de belle qualité, les enseignants et parents peuvent ne pas s’inquiéter.
Dans ce cas, comment repérer une éventuelle dysgraphie ? Un autre signe que la qualité de l’écriture vous permet de l’identifier.
En effet, pour contrôler son mouvement sensorimoteur et réaliser de belles traces, l’élève dysgraphique aura besoin de plus de temps.
Il est donc en décalage par rapport aux autres élèves et ne peut répondre aux exigences de rapidité. Ceci peut s’observer au moment d’une dictée, par exemple.
Bien sûr, l’élève ne fait pas exprès d’écrire si lentement : il a tout simplement besoin de ce temps supplémentaire pour atteindre le niveau de compétences graphiques que l’on attend de lui.
Mais il est également possible qu’il écrive trop vite, sans prendre le temps de contrôler son geste.
Dans un cas comme dans l’autre, la perturbation de ce rythme de l’écriture peut avoir un impact sur la qualité et la lisibilité du texte.
5. Un geste graphique impulsif
Une fois adulte, nous ne prêtons plus attention à la manière dont nous écrivons.
Ceci nous semble tout aussi naturel que respirer : il nous suffit de prendre un stylo ou autre outil scripteur, une feuille et d’écrire, voilà tout.
Pourquoi cela ? Parce que nous avons automatisé les mouvements d’écriture.
Nous n’avons plus à réfléchir comment tracer un « a » par exemple : nous l’avons réalisé tant de fois que notre main s’en souvient toute seule.
Repensez à vos premiers cours de conduite : sans doute avez-vous fait caler la voiture plusieurs fois, ne sachant sur quelle pédale appuyer ni quand relever le pied. Vous deviez prêter attention à mille choses à la fois et ressortiez peut-être bien fatigué·e de ces séances.
Toutefois, désormais, conduire n’est plus un problème pour vous, car vous avez intégré la plupart des gestes à effectuer. Vous n’y pensez tout simplement plus.
Chez l’enfant dysgraphique, l’automatisation du geste graphique ne se fait tout simplement pas, ou moins bien. L’élève reste ainsi suspendu au stade d’apprentissage, au moment où il ou elle doit penser à mille choses à la fois :
- comment tracer telle lettre ;
- quand relever le crayon ;
- quand laisser une espace entre les lettres ;
- quelle phrase écrire ;
- l’orthographe et la grammaire ;
- etc.
C’est pourquoi le geste est impulsif, maladroit et manque d’anticipation. Ainsi, l’enfant fait preuve d’un effort cognitif supplémentaire, ce qui entraîne de la fatigabilité et des difficulté attentionnelles.
6. Un niveau de fatigue plus élevé que chez les autres enfants
Bien sûr, penser au sens de la phrase, faire attention à la grammaire ainsi qu’à la qualité de son écriture génère un surplus de concentration et d’attention de la part de l’élève.
Finalement, l’effort nécessaire pour faire preuve d’une belle calligraphie conduit à une fatigue élevée, due à la surcharge cognitive de l’enfant.
Cette fatigue se traduit par une qualité de l’écriture qui diminue dans la durée.
Un enfant est particulièrement épuisé après avoir manié un stylo ou un crayon ?
Il ou elle se frotte les yeux et a du mal à se concentrer sur les tâches suivantes ?
En particulier, l’élève se concentre davantage sur la forme des lettres que sur les aspects linguistiques ?
Il ou elle se plaint de douleurs musculaires dans les épaules ou le bras ?
Tout cela peut être un signal fort des difficultés rencontrées au moment de l’écriture.

7. Une faible estime de soi et une démotivation dans les activités d’écriture
L’enfant ne montre aucun plaisir à écrire ?
Au contraire, il ou elle rechigne à réaliser ses devoirs en lien avec le langage et les capacités graphiques ?
Cette démotivation peut, elle aussi, être un signe d’un trouble dans les compétences calligraphiques.
En effet, l’école et la société en général ont un niveau d’attente très élevé en ce qui concerne la maîtrise de l’alphabet, du langage écrit et de la communication.
Aussi, dans le cas où l’élève ne parviendrait pas à satisfaire ce niveau d’attente, cela pourrait bien se répercuter sur son estime de soi.
Or, qui apprécie réaliser des choses dont on retire peu de fierté ? Qui nous fatiguent et pour lesquelles nous réalisons beaucoup d’efforts sans que cela ne soit perçu par son entourage ?
Tel est sans doute le sentiment de l’enfant qui présente une dysgraphie.
Il fournit plus d’efforts pour une résultat peu satisfaisant.
Savoir comment repérer une dysgraphie : des signaux d’alerte au diagnostic
Vous avez identifié un seul signal d’alerte parmi les 7 présentés dans cet article ?
Attention : la cause pourrait bien être autre chose qu’une dysgraphie.
Si vous avez observé une fatigue au moment de l’écriture, sans avoir identifié d’autres signaux, l’enfant pourrait présenter d’autres difficultés, qu’il vous faudra explorer. Cela pourrait être, par exemple, à cause d’un autre trouble dys, telle qu’une dyslexie.
Néanmoins, dans le cas où vous avez observé plusieurs de ces signaux d’alerte chez un enfant, vous pouvez proposer d’entamer une démarche diagnostique !
Cette dernière vous permettra de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse de la dysgraphie.
Ce dépistage correspond à la recherche systématique d’un trouble des apprentissages, notamment au niveau du langage écrit. Il s’agit d’un diagnostic médical, réalisé avec plusieurs bilans, dont le bilan psychomoteur-graphomoteur (réalisé par un psychomotricien).
Le rôle de ces tests ? Identifier les causes des troubles de l’écriture. Mais aussi déterminer les aménagements à mettre en place pour faciliter les apprentissages de l’enfant et diminuer sa fatigue.
Stabiliser le rythme de l’écriture, automatiser le geste : tout ceci ne se fait pas du jour au lendemain ! Chez l’enfant dysgraphique, la prise en charge doit être particulièrement adaptée pour lui faciliter la tâche.
Mais comment y parvenir ? Comment s’assurer que l’enfant ait bien acquis tous les prérequis de l’écriture ?
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