Articles

Tout savoir sur la surcharge sensorielle dans les TND !
Qu’est-ce que la surcharge sensorielle ? Pourquoi est-elle si fréquente dans les TND (troubles neurodéveloppementaux) ? Ideereka vous dit tout !
À lireVous ne comprenez pas pourquoi votre enfant se met à hurler dès que vous entrez dans un supermarché ? Ne cherchez pas midi à quatorze heures : s’il présente un trouble du spectre autistique ou un trouble du déficit de l’attention, il est possible que ce soit l’environnement qui pose problème. Les centres commerciaux, en particulier, représentent un enfer sur terre pour les personnes qui présentent une hypersensibilité : trop de bruits, de lumières, de monde… Le cerveau n’est tout simplement plus en mesure de traiter toutes ces stimulations sensorielles ! Pourquoi ? Qu’est-ce qui provoque la surcharge sensorielle dans les TND, ou troubles neurodéveloppementaux ? Quelles en sont les conséquences ? Ideereka vous dit tout sur ces particularités sensorielles !
Quelles informations notre système sensoriel nous fournit-il ?
Notre perception sensorielle nous permet de nous approprier notre environnement.
Pour cela, nous disposons d’organes sensoriels externes, qui nous permettent d’analyser :
- les odeurs (c’est l’odorat, ou processus olfactif) ;
- les formes, les lumières, les distances et les couleurs (c’est la vue, ou vision) ;
- les bruits (via l’audition, ou ouïe) ;
- les saveurs et goûts (c’est ce qu’on appelle la gustation) ;
- les textures, la pression, les vibrations, les ressentis tactiles (c’est le toucher) ;
- la douleur ressentie, via la nociception ;
- enfin, la température extérieure, grâce à la thermoception.
Néanmoins, il existe d’autres modalités sensorielles, qui sont, cette fois, plutôt internes :
- la proprioception (sens qui nous renseigne sur le positionnement de notre corps dans l’espace ; c’est ce sens qui nous permet de bouger, de marcher ou de courir sans regarder nos pieds) ;
- le sens de l’équilibre, qui est lié au système vestibulaire (les récepteurs sont situés dans l’oreille interne).
Les informations fournies à notre cerveau par l’ensemble de ces systèmes sensoriels nous permettent alors de savoir comment agir et réagir en fonction du contexte et de notre environnement.
Néanmoins, chez les personnes présentant un trouble neurodéveloppemental (ou TND), ces informations peuvent être mal traitées par leur cortex.
Ceci engendre certaines spécificités sensorielles.

Quelles particularités sensorielles existe-t-il dans les TND ?
N’importe qui peut présenter des particularités sensorielles (vous connaissez sans doute une personne malentendante ou daltonienne).
Toutefois, les spécificités liées aux TND sont bien moins connues du grand public.
L’hypersensibilité
À cause de l’hypersensibilité, un stimulus sensoriel sera perçu avec bien plus de force que chez une personne neurotypique.
Ainsi, les bruits peuvent devenir envahissants, tandis qu’une lumière apparemment non agressive pourrait éblouir une personne hypersensible à la lumière.
La texture et les goûts des aliments seront, quant à eux, ressentis de manière bien différente, ce qui pourrait entraîner une sélectivité alimentaire.
L’hyposensibilité
Au contraire, les personnes qui ont une hyposensibilité éprouvent certains sens avec moins d’intensité. Par exemple, certaines douleurs pourraient ne pas être perçues.
Ce manque de sensibilité peut conduire la personne hyposensible à rechercher des sensations. Ceci se fait notamment par l’autostimulation, en particulier chez les personnes autistes.
Les expériences sensorielles deviennent alors une véritable source de joie : se balancer, par exemple, permet de faire appel au système vestibulaire et de diminuer l’anxiété.
La perception fragmentée
Imaginez percevoir différents détails sans parvenir à faire de lien entre ces derniers…
Imaginez que, face à un tableau, vous n’arriviez pas à distinguer ce que représente la peinture au global. Au contraire, vous ne verriez que les multitudes de petites traces laissées par le pinceau sur la toile.
C’est la perception fragmentée. Ceci peut expliquer, par exemple, que certaines personnes ne reconnaissent pas leurs voisins en les croisant dans la rue (c’est la prosopagnosie, ou trouble de la reconnaissance des visages).
La perception différée
Ici, c’est plutôt le traitement de l’information qui peut prendre (beaucoup) de temps.
Ainsi, une personne avec un TND finira par percevoir l’image globale représentée par le tableau.
Seulement, pour y parvenir, il lui aura fallu sans doute plus de temps que pour n’importe qui d’autre !
Surcharge sensorielle dans les TND : pourquoi survient-elle ?
Faire ses courses peut devenir un véritable challenge pour une personne diagnostiquée avec un TND.
Vous ne voyez pas en quoi ?
Imaginez ne pouvoir que peu filtrer les stimuli sensoriels qui parviennent à votre cerveau.
La lumière des néons devient alors agressive, quasi aveuglante.
Le brouhaha ambiant, composé de musique (bien trop forte), des discussions des autres clients, des cris de quelques enfants, des bips des caisses et du grésillement des néons, vous envahit. Tous les sons parviennent à votre oreille avec la même intensité. Vous ne pouvez plus vous concentrer sur ce que vous êtes en train de faire.
Quelqu’un vous touche alors, souhaitant sans doute vous aider. Mais c’est la goutte de trop : vous subissez une surcharge sensorielle.
Quelles différences entre meltdown et shutdown ?
Dans le monde de l’autisme, il est courant d’entendre parler de meltdown ou de shutdown.
Noms anglais donnés aux effondrements autistiques (aussi appelés crises autistiques par plusieurs personnes), ces deux termes désignent des phénomènes bien distincts.
Loin de n’être que des caprices d’enfants (ou des crises de colère), ces effondrements peuvent survenir à la suite d’une surcharge : émotionnelle ou sensorielle notamment.
Mais que sont le meltdown et le shutdown, concrètement ?
Le meltdown est une réaction extériorisée face à des stimuli trop importants et ne pouvant plus être gérés par la personne. Cette réaction peut être très impressionnante, voire même effrayante pour les personnes neurotypiques. En effet, aux yeux de ces dernières, l’environnement peut sembler tout à fait adapté. Elles ne comprendront alors pas pourquoi la personne autiste se met soudainement à pleurer et/ou à crier.

Pourtant, pour cette dernière, sa sensibilité exacerbée rend son environnement insoutenable.
Une vidéo, qui date de 2012, circule souvent sur les réseaux sociaux pour représenter ce que peut être une surcharge sensorielle traduite par un meltdown. Visionnez-la !
Le shutdown, quant à lui, n’est pas plus agréable à vivre même s’il est moins impressionnant aux yeux de l’entourage.
En effet, tandis que le meltdown est une explosion, le shutdown, lui, est vu comme une implosion.

Après avoir accumulé un « trop-plein » de fatigue et de frustrations, la personne avec un TND peut alors devenir mutique, fuir le regard, ne plus parvenir à penser ni à bouger. Ainsi, même des personnes autistes verbales (et qui ont une excellente élocution) peuvent soudainement se taire et ne plus arriver à parler.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la fatigue engendrée par la surcharge sensorielle fait, en quelque sorte, « disjoncter » certaines fonctions du cerveau… Un peu comme un moteur ferait sauter le compteur d’électricité après un court-circuit !
Quelles sont les conséquences d’une surcharge sensorielle dans le TSA et le TDAH ?
Bien sûr, cette surcharge sensorielle peut avoir de nombreuses conséquences.
Les personnes sur le spectre autistique ou avec un trouble du déficit de l’attention (TDA) les connaissent bien.
En effet, ces dernières peuvent subir des douleurs somatiques liées à cette surcharge : nausée, tremblements, migraine, fatigue.
Malheureusement, cette expérience (très) désagréable ne se contente pas de ces symptômes physiques !
Ainsi, le cerveau n’est plus en mesure de traiter les informations qui lui parviennent. Dans ce cas, il « bloque » les fonctions non essentielles : parole, ouïe, vue… Toute l’énergie de la personne est alors concentrée dans un seul et même but : la survie.
Dans ces conditions, apprendre quoi que ce soit n’est plus possible.
Ainsi, ce trouble du traitement des informations sensorielles n’est pas seulement désagréable pour la personne qui a une sensibilité exacerbée : dans un environnement inadapté, il va jusqu’à empêcher l’apprentissage ou engendrer des troubles du sommeil.
Par ailleurs, cette sensorialité particulière peut également conduire à des comportements jugés inadaptés en société. De ce fait, la personne autiste ou avec un TDAH pourra rencontrer des difficultés à se sentir intégrée dans un groupe social.
Une solution : connaître le profil sensoriel de chaque personne
Heureusement, il existe des solutions pour éviter ces situations !
La première est de connaître le profil sensoriel de chaque personne.
Eh oui ! Nous l’avons vu au début de cet article : les troubles sensoriels, d’une personne à l’autre, ne se manifestent pas de la même manière.
Ainsi, un enfant pourrait ne pas supporter que quelqu’un le touche, tandis qu’un autre pourrait avoir besoin de ressentir une pression importante sur sa main ou son bras.
Bref : il s’agit de s’adapter aux spécificités de chaque individu.
Pour cela, il n’y a pas mille options : il faut faire le bilan sensoriel de la personne que vous accompagnez.
Pour ce faire, vous pouvez utiliser l’un des outils suivants :
- le profil sensoriel de Dunn, utilisé pour les enfants ;
- le profil sensoriel et perceptif révisé de Bogdashina ;
- l’échelle d’évaluation sensorielle de l’adulte avec autisme.
Ceci vous permettra de construire un projet thérapeutique adapté aux troubles sensoriels de l’enfant ou de l’adulte. Mais pas seulement.
En effet, vous pourrez également adapter les lieux de vie (école, maison) pour les rendre plus facilement supportables pour la personne avec un TDAH ou un TSA.
Le but ? Favoriser un meilleur apprentissage, mais aussi et surtout rendre l’environnement plus agréable aux yeux de l’enfant ou de l’adulte.
Nous avons vu dans cet article que les problèmes sensoriels peuvent engendrer, chez la personne neurodivergente, bien des problématiques. Que ce soit au niveau des apprentissages, des interactions sociales ou des douleurs somatiques, les conséquences de la surcharge sensorielle dans les TND sont nombreuses.
Notre atelier sur le sensoriel est spécialement conçu pour transformer ces défis en opportunités. Vous y apprendrez à utiliser les évaluations sensorielles pour élaborer des plans d’intervention personnalisés pour les personnes avec TSA. Cet atelier enrichira vos compétences et élargira vos méthodes d’intervention, rendant les espaces de vie et d’apprentissage plus accueillants et adaptés aux besoins individuels. Découvrez-cet atelier dès à présent en cliquant ici.


