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Qu’est-ce que la sélectivité alimentaire ? Définition
La sélectivité alimentaire est un trouble souvent retrouvé dans l'autisme. Dégoût de certains types d'aliments, refus catégorique de manger... Quels en sont les signes ? Comment agir pour éviter tout risque de malnutrition ? Découvrez toutes les réponses à ces questions !
À lireLa sélectivité alimentaire, ou phobie alimentaire, touche de nombreux enfants et adolescents, neurotypiques comme neuroatypiques.
En effet, ce phénomène accompagne souvent le développement des plus petits, de 2 à 6 ans. Il peut alors passer tandis que l’enfant grandit… o persister jusqu’à l’adolescence, voire jusqu’à l’âge adulte. Dans ce cas, nous pouvons alors soupçonner un trouble du comportement alimentaire.
Aussi, face à un enfant sélectif, hors de question de ne pas s’interroger ! Car les risques de malnutrition sont bel et bien réels.
C’est pourquoi les parents peuvent vite être angoissés face à une hypersélectivité alimentaire – et à raison.
Mais, quand s’inquiéter ? Et comment intervenir ?
Pour vous aider à mieux gérer l’heure du repas, Ideereka vous propose une définition complète de la sélectivité alimentaire !
Quelles différences entre l’alimentation sélective et les autres troubles du comportement alimentaire ?
Lorsque nous parlons de troubles du comportement alimentaire, nous pensons bien souvent à l’anorexie mentale, à la boulimie ou encore à l’hyperphagie.
Pourtant, la sélectivité alimentaire présente plusieurs différences par rapport à ces maladies :
- les troubles de l’alimentation sélective surviennent principalement durant l’enfance et peuvent se manifester à tout âge, tandis que l’anorexie ou la boulimie sont majoritairement diagnostiquées dans l’adolescence ou au début de l’âge adulte ;
- les personnes qui présentent une sélectivité alimentaire n’ont pas de problème d’image corporelle ;
- elles ne présentent pas, non plus, une peur intense de prendre du poids.
Mais alors, qu’est-ce que la sélectivité alimentaire ?
La sélectivité alimentaire : définition de ce trouble de l’alimentation
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la sélectivité alimentaire ne concerne pas uniquement les personnes autistes. Pour y voir plus clair, voici la prévalence de ce syndrome :
- 50 % pour les enfants qui ont un développement « typique » ;
- 80 % pour les personnes avec un trouble du développement ;
- 89 % dans l’autisme.
Souvent, ce comportement fait poser question :
- l’hypersélectivité alimentaire serait-elle un signe d’opposition à l’autorité ?
- … ou s’agit-il simplement d’un caprice ?
Nous pouvons en effet avoir la sensation que les enfants autistes se restreignent volontairement dans leur alimentation : pourtant, ce n’est pas le cas.
Il ne s’agit pas d’un choix raisonné de leur part, pas plus qu’ils ou elles ne souhaitent faire la « fine bouche ».
Bien au contraire, il s’agit d’un véritable trouble comportemental, qui découle de causes nombreuses et parfois complexes.
En particulier, ce trouble de l’alimentation se caractérise par :
- un refus de goûter et d’ingérer un certain type d’aliments (ceux qui présentent une texture particulière, ou bien une couleur bien précise, telle que le vert) ;
- un petit appétit ;
- une anxiété liée au fait de manger (dont il faudra rechercher la cause) ;
- une persistance dans le temps.
Ceci peut notamment générer un retard de croissance (au niveau de la taille et/ou du poids) à cause de besoins nutritionnels non satisfaits. D’où l’importance de diagnostiquer et de traiter ce trouble pour éviter une malnutrition.
Pour y parvenir, la première étape consiste à en rechercher les causes.

Quelles sont les causes de la phobie alimentaire ?
Les causes de l’alimentation sélective peuvent inclure :
- des troubles sensoriels (dégoût face à certaines textures, température ou odeurs ; le dégoût en question peut être si fort qu’il engendre un réflexe nauséeux), ceci se rencontre plus particulièrement dans les troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme ;
- des troubles praxiques (avec des difficultés pour déglutir, par exemple) ;
- un problème psychologique (phobie ou anxiété notamment ; n’oublions pas que le stress peut « couper l’appétit ») ;
- des troubles gastro-intestinaux (douleurs à l’estomac, nausées, ballonnements) pouvant s’expliquer par une intolérance alimentaire ;
- des causes environnementales (par exemple, une non-habituation à certains aliments).
Bref, des causes qui n’ont rien à voir avec un caprice !
Mais n’oublions pas que la sélectivité alimentaire est, avant tout, un réflexe primitif : ce comportement vise à nous protéger d’aliments non connus et potentiellement dangereux pour notre santé.
C’est pourquoi le refus de goûter et le tri des aliments sont très courants chez les enfants de 2 à 6 ans : cet instinct de survie vise à les protéger contre une nourriture potentiellement mortelle.
Par exemple, certains champignons, de texture spongieuse, ont des caractéristiques toxiques. Les enfants pourraient alors, instinctivement, redouter les aliments qui ont la même texture en bouche.
Heureusement, chez la plupart des jeunes, le répertoire alimentaire s’élargit très vite après une certaine période !
Mais, lorsque les troubles persistent, la non-prise alimentaire engendrer une malnutrition, au même titre qu’un régime drastique. Il est alors nécessaire d’intervenir pour prévenir ces risques.
Les conséquences de la néophobie alimentaire : quand intervenir ?
Prenons l’exemple d’une scène de la vie quotidienne.
« Non ! », s’exclame Inès en tournant la tête et en repoussant l’assiette.
« Mais tu n’as pas encore goûté ! C’est bon, pourtant ! Regarde : hummm, c’est bon !!! », répliquez-vous, la bouche pleine de purée de potimarron.
Mais rien à faire : Inès, 2 ans et demi, garde sa bouche résolument close.
Cette scène a un étrange goût de déjà-vu ?
Pas de panique ! Ce refus de manger certains plats (associée à une phobie liée à de nouveaux aliments) est plutôt classique à cet âge-là.
Toutefois, dans certains cas, cette peur d’ingérer de nouveaux aliments n’est pas si facile à déceler.
Pour les personnes autistes, la communication non verbale, les difficultés dans les interactions sociales et l’absence d’expressions faciales peuvent notamment rendre le diagnostic difficile.
Néanmoins, quelques signes avant-coureurs peuvent vous faire suspecter ce trouble :
- l’enfant examine et trie longuement ses aliments ;
- il ou elle mâche (très) lentement de petits bouts pourtant faciles à manger.
Si ces comportements peuvent nous faire sourire – ou nous exaspérer ! – il reste essentiel de savoir quand intervenir.
Notre conseil : agissez dès que vous vous inquiétez pour la santé de votre petit !
Les complications médicales d’une sélectivité alimentaire, si elle dure dans le temps, peuvent en effet être relativement importantes : perte de cheveux, fragilité osseuse, sautes d’humeur, diminution de la fréquence cardiaque et/ou de la tension artérielle, carences, anémies…
Intervenir médicalement, grâce à un médecin traitant et un ou une psychiatre, devient alors une priorité.

Comment résoudre les problèmes liés à l’hypersélectivité alimentaire ?
Si les particularités alimentaires n’ont aucune cause physique ou psychologique, vous pouvez utiliser ces quelques méthodes simples.
1. Exposez l’enfant aux aliments qui posent problème
La familiarisation permet de limiter la méfiance et, donc, la peur.
Rappelez-vous de la première fois que vous avez bu du café : l’avez-vous aimé ?
Peut-être que vous vous êtes alors demandé pourquoi tout le monde en buvait autant !
Ce n’est qu’après en avoir bu plusieurs tasses que vous avez commencé à l’apprécier. Votre but était peut-être alors de vous intégrer socialement… à moins que vous ne recherchiez une solution pour rester éveillé·e jusque tard dans la nuit, en vue de réviser ce concours si important ?
Quoi qu’il en soit, l’exposition répétée à ce liquide amer a fini par avoir raison de vos papilles. La même chose peut arriver à votre enfant.
2. Mettez en place une routine alimentaire
Bien sûr, ce processus de familiarisation sera facilité si le contexte alimentaire s’y prête.
Heures de repas fixes, places à table identiques, utilisation des mêmes méthodes de cuisine…
Tout ceci aidera l’enfant dans le processus de découverte des différents plats et mets. Et ce, d’autant plus si l’enfant en question a un TSA (trouble du spectre autistique).
3. Donnez l’exemple
Si vous mangez vous-même un plat, il est (presque) certain que votre enfant aura davantage confiance !
Ceci crée une réassurance : « si papa ou maman en mange, alors je peux en manger aussi ». De plus, créer des menus et prendre ses repas en famille permettent de créer une ambiance qui favorise l’appétit : en voyant tout le monde manger la même chose, nous avons moins d’appréhension à goûter de nouveaux plats.
Mais donner l’exemple passe aussi par les commentaires que l’on peut faire sur son poids ou son apparence.
Car, même s’ils semblent être dans leur monde, les enfants nous prêtent toujours une oreille attentive (voire les 2).
C’est pourquoi les « je me sens trop gros » ou « je devrais manger moins gras » sont à proscrire !
Au contraire, travaillons sur l’image que nous avons de nos corps pour éviter de transmettre nos craintes à nos enfants.
4. Intervenez sur les causes et les conséquences grâce à un traitement médical
Votre enfant vous dit régulièrement « j’ai mal au ventre » ?
Ceci peut être le signe d’une anxiété comme de troubles gastro-intestinaux… Dans tous les cas, il est important de consulter son pédiatre au plus vite ! Ce professionnel de santé saura déterminer les causes exactes des problèmes alimentaires rencontrés, ou vous orienter vers un autre spécialiste :
- psychomotricien·ne ou orthophoniste dans le cas de troubles praxiques ;
- psychologue ou psychiatre pour des problèmes d’anxiété ou de phobie ;
- allergologue pour une éventuelle allergie alimentaire ;
- diététicien·ne pour évaluer les apports nutritionnels de votre enfant.
Dans tous les cas, posez-vous la question suivante : est-il vraiment utile de forcer son enfant à manger l’aliment qu’il ou elle ne supporte pas ? Si aucun risque de santé n’est identifié, peut-être peut-il s’en passer.
Néanmoins, savoir quand consulter n’est pas toujours facile. En effet, dans les troubles neurodéveloppementaux, ou TND, les enfants peuvent avoir une façon bien à eux de montrer leurs difficultés.
Par exemple, les personnes autistes ont souvent du mal à identifier de manière exacte leurs douleurs somatiques et à communiquer sur ces douleurs.
Dans tous les cas, sachez être à l’écoute de votre enfant ! Et consultez au moindre doute.
5. Apprenez à l’enfant à mieux gérer ses émotions
Enfin, une dernière méthode consiste à enseigner la gestion des émotions.
En quoi est-ce utile pour gérer les problèmes de sélectivité alimentaire, vous demandez-vous ?
En réalité, maîtriser nos émotions primaires nous permet – entre autres – de mieux contrôler nos peurs alimentaires.
Peur de vomir ? De s’étouffer ? Quelle que soit l’origine de cette crainte, les techniques de gestion émotionnelle nous apprennent à l’identifier et à en prendre le contrôle.
Dans d’autres cas, le refus de manger provient d’un dégoût réel de l’aliment, surtout lorsque des particularités sensorielles entrent en jeu. C’est notamment le cas pour personnes atteintes de troubles envahissants du comportement, ou TED, tels que l’autisme.
Mais comment savoir si c’est le dégoût ou la peur qui nous empêche de toucher à une assiette ?
Les personnes alexithymiques, telles que les enfants avec un TSA, ont souvent du mal à savoir quelle émotions, exactement, ils ou elles sont en train d’expérimenter.
Heureusement, l’apprentissage de la gestion émotionnelle peut nous aider.
Chez les enfants, les jeux de société deviennent alors un véritable tremplin pour apprendre à bien réguler leurs émotions. Et ce, d’autant plus si ces jeux font intervenir leurs intérêts spécifiques.
Marie-Laure Mathieu, sophrologue certifiée, nous l’explique à travers sa courte formation de 3 h, qui intègre également de nombreuses informations sur les apports de la sophrologie.
L’occasion de découvrir :
- les avantages de la sophrologie pour la gestion émotionnelle ;
- les quelles activités mettre en place pour accompagner nos enfants vers l’autonomie alimentaire !
Vous avez envie que le petit-déjeuner devienne enfin un moment de réconfort, et non un véritable champ de bataille ?
Accompagnez vos enfants et patients vers une meilleure compréhension de leurs ressentis, pour un apaisement sur le long-terme !